Date : 11/10 au 13/10
On profite un peu de Cusco une derniere matinee. On se pose a la Plaza de Armas, le temps qu´Anne-Laure immortalise la vue sur son cahier.
Au terminal de bus, c´est le chahut autour de nous, pour nous vendre leurs places. Ca faisait longtemps, on n´aime vraiment pas ca. Cette fois encore, il y en a un plus virulent, plus fou que les autres. Pas moyen d´etre tranquille jusqu´a ce qu´on ait achete nos billets. Notre regle : plus ils s´excitent, plus on les evite ! C´est un voyage de 20 a 23h qui nous attend, on a pris le moins cher, il ne faut pas s´attendre a un super confort. On a deja evite les places du fond qu´on voulait nous refiler. J´avais demande si il y avait des toilettes dans le bus vu le temps de voyage. Et oui il y en a, mais elles sont fermees et inutilisables. Vraiment des fois, il y a des claques qui se perdent.
Le trajet est long et ennuyeux. On commence par les lacets de montagne, qui durent une bonne partie de la nuit. Au petit matin, on se trouve plonge dans le gris de la cote. La mer est grise, le ciel est gris, il y a du brouillard, sinon que du sable gris, pas de vegetation. Les villes semblent tres moches, elles parraissent sales, mortes avec des usines un peu partout. Sur la plage on voit des grands batiments qui doivent etre des serres et des poulaillers industriels. Ca fout le cafard apres le passage par Cusco.
Lima est sur le meme style, ca parait aussi tres etendu. Une grosse partie de la population du Perou se trouve ici. On passe avec l´autocar dans un quartier plutot propre et riche avec des immeubles d´affaires. On s´arrete finalement dans un quartier tres different, plus populaire, plus pres du centre. La compagnie a son propre terminal, comme toutes les autres, pas de terminal commun ici. On trouve un petit hotel dans les parages, on veut s´en aller des demain. On profite de notre passage a Lima pour deposer nos papiers a l´ambassade de France, puisqu´on repart d´ici le mois prochain. Ca fait drole de dire ca, ca passe vite tous ces mois. On n´essaie de ne pas trop penser au retour, ca va flinguer nos derniers instants. D´apres le guide, l´ambassade n´est ouverte que le matin, on va alors prendre nos prochains billets a destination de Pucallpa. On voulait faire un trek dans la cordillere blanche, mais apres la marche au Machu, on est calme. Vu le temps qu´il nous reste, on prefere filer vers la Colombie.
D´apres le guide toujours, Lima est assez dangereuse, surtout le quartier des bus , ah bon ?! On fait donc bien attention et on ne sort pas la nuit. C´est vrai que l´ambiance generale ne fait pas que l´on s´y sent particulierement bien, mais ca va tout de meme. On se fait juste beaucoup epier avec des regards de fous. La patronne de l´hotel nous fait toute une liste des rues a eviter et nous repete de verifier toujours le coffre des taxis qu´on prend, car il peut y avoir un complice cache dedans pour mieux nous depouiller apres.
Pas de soucis non plus pour deposer nos affaires a l´ambassade, qui se trouve elle dans un quartier un peu plus clean et chic, faut bien le dire. On y rencontre une francaise qui s´est fait devaliser a son arrivee a Lima. Deux gars ont fracasse les vitres de son taxi et emporte son petit sac ou elle avait tout, vraiment pas de chance, juste en sortant de l´aeroport. Le pire dans cette histoire, c´est qu´elle est la aujourd´hui pour avoir un passeport de rechange, mais en un mois rien a ete fait. Il parait que la prefecture est injoignable, encore la ce matin ca ne repond pas, et pourtant comme dit le gars il est 15h, c´est encore ouvert. C´est ahurissant un tel foutage de gueule. La pauvre a un avion demain pour le Bresil, mais elle est bloquee ici, et ne peut pas changer la date de son vol car elle n´a pas de passeport !!! Et le gars lui dit en gros : "J´ai fait tout ce que j´ai pu, demerdez vous, appelez lundi pour savoir si il y a du nouveau, pas la peine de vous deplacer". On est degoute pour elle, des incapables des deux cotes : bien sur qu´a 3h de l´aprem a la prefecture ca ne repond plus au tel professionnel, et lui n´appelle que pendant ses heures de fonction. Si c´est un pays qui est en total decalage pour les horaires de fonctionnaires (Nelle Zelande par ex), vous etes bloques a vie, les boules !!! Pour le moment nous on est tranquille, on a nos billets a l´abri et on va prendre notre bus dans notre quartier chaud. Juste avant on leur laisse quelques affaires pour Emaus, on est trop charge et on va vers le soleil !

On rejoint Benoit a la sortie du village le long de la voie ferree. L´itineraire du retour est different. On ne veut pas reprendre le bus pendant 7h de Santa Maria. Plutot que marcher 6h jusqu´a Santa Teresa, on s´est dit qu´on pouvait en marcher 8 dans l´autre sens, on gagnera beaucoup de temps apres. Au bout d´une heure, on croise des peruviens charges comme des mules, qui courent dans la caillasse. On se dit qu´ils ont du etre laches la en camion, on voit justement un pont. Mais non ! En fait, ce sont les porteurs des treks. Je comprends pourquoi les touristes n´ont rien sur le dos. Ces pauvres gars portent entre 20 et 30 kg facile, et il y en a de tout age. Ca me ferait mal de faire un trek dans ces conditions. On reprend notre route, plus que ... encore beaucoup. On fait gaffe car on s´attend a tout moment a ce que le premier train passe. Il doit nous arriver dans le dos. Mais c´est un petit vehicule jaune, genre entretien des voies, qui arrive. On l´arrete, il ne va pas bien vite, et on demande si il peut nous prendre. Ils n´en ont pas le droit, c´est un vehicule de travail, pas pour le transport de passagers. Ils nous font comprendre que contre une petite piece, c´est envisageable. On se met d´accord sur le prix, et on peut monter. Enorme ! C´est rigolo comme engin, le conducteur est dans le sens contraire de la marche, il ne voit rien. En fait, on precede le train de voyageurs de 10 min, ils doivent verifier, on pense, que rien ne traine sur la voie. Ils ne vont pas aussi loin que nous, mais ils nous avancent d´une bonne dizaine de kms, ce n´est pas negligeable. On leur a appris le prix du train, apres ils ont essaye de nous soutirer un peu plus. Ils prennent toutes les precautions pour nous deposer, ils ont vraiment peur : Surtout on ne les a pas vu, on ne les connait pas, on marche depuis hier soir ! Je ne sais pas s´ils vont reprendre quelqu´un de si tot, mais pour de l´argent tout est possible. Ils nous ont lache a 1 km de leur gare d´arrivee. On peut prendre un chemin pour nous eviter de marcher le long des rails. Il ne nous reste que 7 kms a parcourir pour trouver un minibus, c´est la fete !
Je n´ai pas parle du paysage exceptionnel. On est dans le fond de la vallee, on longe le chemin de fer, qui longe la riviere mouvementee. De chaque cote, ce sont des montagnes vertes et quelques pics enneiges qui depassent par ci par la. Le chemin que l´on emprunte est tres peu utilise, on y croise meme une biche que l´on derange apparemment. Anne-Laure s´extasie devant les cactus en fleur. On traine un peu en route, car ici aussi, il y a des ruines disseminees un peu partout. Et celles-la peu de gens les voient. On marche dans la vallee sacree des incas.
On a la chcoumoune car a l´heure dite, il pleut, je suis degoute. On se recouche, ca ne sert a rien d´y aller sous la pluie et d´etre les premiers a ne rien voir. Je suis d´avis d´attendre demain, peut etre fera t- il beau, mais Anne-Laure croit a l´eclairclie, donc on y va un peu avant 6h. Les bus se mettent deja en route. Les nuages sont tellement bas qu´on ne voit meme pas la cime des monts qui nous entourent. De toute facon on est parti, on verra bien. La montee a pied est tuante. A l´office du tourisme ils indiquent 45 min, ils peuvent en rajouter un peu. Ce ne sont que des marches a grimper et raides en plus. On atteint le sommet en nage. J´hesite vraiment a rentrer, le temps est toujours aussi incertain. Je demande alors a l´entree si on voit quelque chose, si il va faire du soleil et si demain ce ne sera pas mieux. J´ai le droit a des reponses de normand. Anne-Laure est tout a fait contre toute perspective de regravir ce que l´on vient de faire (Bravo la sportive !). Puisqu´on est la, autant y aller. Je ne suis pas tres chaud, 40 dollars pour voir du gris, ca ne m´enchante pas. D´un autre cote, demain ce ne sera peut etre pas mieux et on ne va pas passer 3 plombes a attendre.
On passe le tourniquet d´entree, c´est fait, on ne peut plus faire marche arriere. On suit nos congeneres et on arrive devant des batiments de pierres assemblees a la maniere bien caracteristique des incas : toutes les tailles, toutes les formes et tres peu d´espace entre. Les murs ont tendance a rentrer vers l´interieur et les portes et fenetres sont de forme trapezoidale. Ici on a reproduit des toits comme ils devaient etre, en vegetal. Passes ces premiers batiments qui seraient des entrepots de recolte, on decouvre toute la ville. Premiere impression : Ce n´est pas si grand que ca. Ce sont bien des ruines, avec des groupes importants de gens a certains endroits. Il y a des terrasses partout, chaque espace a ete domestique. Surtout le site, le paysage sont magnifiques. En fait c´est plus l´environnement dans son ensemble que les ruines qui font la beaute et la renommee du site. Tout autour ce ne sont que des pics verts, encore tres embrumes. C´est dommage car on devine a peine les cimes les plus proches. On se promene a travers les ruelles au milieu des differents batiments, loin des groupes. Il y a plusieurs itineraires conseilles suivant le temps que l´on veut y passer. Ce que l´on peut dire, c´est qu´il y a eu du boulot de la part des incas, car chaque mur, chaque terrasse represente un travail de titan et souvent perilleux. Ils devaient avoir des macons voltigeurs.
Au lieu de continuer sur le site de la ville, on passe sur le chemin du Wayna Picchu, le pic le plus proche de la cite surlaquelle il semble veiller. Les incas y ont construit des edifices aussi. Sur la route, on peut grimper sur un autre pic plus bas mais aussi plus proche, duquel la vue est superbe. Le soleil vient de percer des nuages, c´est agreable. Le site est illumine par un jeu d´ombres et lumiere qui ajoute a la mysticite de l´endroit. On arrive ensuite a une fourche, d´un cote il faut grimper jusqu´en haut et de l´autre, c´est pour voir une caverne et faire le tour, enfin je crois. On choisit la deuxieme option, gardons le plus dur pour la fin.
Le chemin nous parait sans fin et descend, beaucoup trop a notre gout, a tel point qu´on pense qu´on a loupe la grotte et qu´on va se retrouver dans la vallee, avec l´obligation de tout remonter. Mais on croise deux personnes qui nous confirment qu´on est sur le bon chemin, encore un bon quart d´heure. En revanche elles n´ont pas trouve la route pour faire le tour. Aie ! Au bout de nos peines, on decouvre le temple de la lune, construit autour et sous une grosse roche qui fait office de caverne. On nous dit que la grosse grotte est un peu plus loin. Ouais, rien de plus. Bonne nouvelle, il y a bien un chemin qui monte tout en haut d´ici, et ce jusqu´au sommet. La remontee est terrible, c´est super abrupte, il fait chaud. Sur la fin, on a le droit a deux echelles en rondins de bois, dont une tres perilleuse surtout avec la fatigue d´une heure de grimpette. Enfin on est recompense, on atteint le sommet, comme beaucoup apparemment... On profite du point de vue en dejeunant. Le temps bascule alors, le soleil qui nous accompagnanit plus ou moins est remplace par des nuages bien gris. On remballe vite les sacs et les premieres gouttes commencent a tomber. C´est une descente vertigineuse sur des pierres glissantes qui nous attend. On aura au moins profiter du spectacle, un peu. On ne sait pas vraiment quels sont les edifices en haut, ca manque cruellement d´explications.
On retourne en ville, si je puis dire, il y a toujours du monde, malgre la pluie. Le poncho est de rigueur. On visite la partie superieure au milieu des groupes et de leur guide. C´est etonnant car ils ne disent pas tous la meme chose. En fait, je crois que personne ne sait et que meme les deux trois indications sur la brochure, ne sont que pures speculations pour donner des noms aux quartiers et edifices. Ainsi le temple du soleil est rikiki, mais c´est le seul de forme arrondi. Il y a aussi des pierres energisantes qui ont ete taillees de la forme des montagnes environnantes. Le principal cadran solaire, lui fait parti de la montagne, il s´agit de la roche qui a ete directement sculptee. On est fatigue, mais j´ai envie de voir la porte du soleil, de l´autre cote de la cite par rapport au Wayna Picchu. Un autre reproche que l´on peut faire, c´est qu´il n´y a aucune indication de distance ou duree pour aller voir les sites eloignes. Ainsi on part mais on ne sait pas pour combien de temps. Anne-Laure trop fatiguee, s´arrete sur le chemin. On est toujours sous la pluie, mais un brouillard epais a tout enseveli, on ne voit plus rien. La fameuse porte ne m´ apparait que lorsque je suis le nez dessus. Il s´agit en fait d´une construction a plusieurs portes, des arcades quoi, qui marque le passage du col entre deux vallees. Du chemin qui vient de l´autre cote, arrivent les gens qui font le fameux trek, ils sont charges tres leger. Ils ont l´air heureux d´en avoir fini, moi je suis deg pour mes photos, car ils restent plantes la. De toute facon, ca n´en vaut pas la peine et on ne voit rien. Demi tour, retour au machu picchu, on profite de la proche fermeture pour s´y balader une derniere fois. Des lamas sont la pour nous dire au revoir, on quitte les lieux.
Dernier petit coup de gueule avant de partir : il est honteux qu´il n´y ait aucune toilette sur l´ensemble du site. Du coup les gens font partout. Ne vous promenez pas hors des sentiers, vous risqueriez de marcher dedans. Et le pire c´est que pour 40 dol, il faut en rajouter pour faire son petit besoin dans les sanitaires a l´entree. Le machu picchu est vraiment sympa a voir, mais le prix pratique est beaucoup trop eleve (meme pour les peruviens, c´est la moitie des etrangers), surtout vu l´infrastructure mise en place. Le site fait vrai, il est propre, mais l´impression d´ensemble laisse penser a une usine a fric.