Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 06:23

Date : 26/09 au 01/10

Pour changer un peu de notre centre-ville et aussi voir les belles montagnes entourant La Paz, on va a El Alto, ville ou quartier en hauteur de la capitale. C´est la que se trouve l´aeroport, a 4000m, ainsi que les gens les plus pauvres. C´est donc un des endroits qui craint le plus de La Paz. Jeudi, c´est jour de marche, c´est aussi ce qui nous interresse, celui-ci n´est pas touristique du tout. Avant de partir, le personnel de notre hotel ne manque pas de nous dire de faire attention a nos affaires, c´est plein de voleurs. On prend un minibus, et pendant le court trajet, on sent deja l´effet du plus 1000m, ce n´est peut etre que psychologique. En tout cas, arrives en haut, on a le souffle encore plus court. D´ailleurs, si vous arrivez a La Paz en avion, vous avez de bonnes chances de passer a la bombonne a oxygene a la sortie de l´appareil. Donc nous y voila, on est sur nos gardes avec tout ce qu´on a lu et ce qu´on nous a dit. Il faut avouer que ca n´a pas l´air si terrible. Le marche, lui, est immense. Chaque rue en fait partie. On se promene sans trop savoir ou on va, on passe ainsi dans la rue des pneus, ou sont vendus meme des vieux pneus lisses, ensuite c´est la mecanique, la hifi, les fruits et legumes, les laines (alpaca, vigogne, lama, mouton, ...). On peut y voir les femmes filer a l´ancienne avec des rouets manuels, c´est a dire une espece de toupie qu´elles font tourner par terre devant elles. Il y en a aussi qui tricotent de superbes pieces, les plus cheres, en vigogne, coute au bas mot 100 Euros pour un chale, mais la qualite et la douceur sont au rendez-vous. Les femmes qui les achetent ne le font pas que pour elles, ca va servir a plusieurs generations. Notre point de mire reste les sommets enneiges. On va a la limite de la ville, a la cassure avec la vallee pour pouvoir prendre quelques photos sans vis-a-vis, mais les nuages sont de la partie dommage. On reconnait le celebre Illimani, symbole de la ville, mais pour les autres on repassera. On rentre sain et sauf et content d´avoir vu un aussi beau marche, tres typique de La Paz.

On remonte quelques jours plus tard, car le ciel est degage, c´est le bon moment pour les photos. Cette fois-ci je le sens encore plus durement au niveau de ma tete, c´est bizarre, c´est la premiere fois que je deguste autant, alors que je devrais etre plus qu´habitue. Il a du neiger cette nuit, les montagnes sont blanches, ultra-brights. Deux jours plus tard, lorsque l´on quitte la ville, presque tout est fondu.

La derniere chose que l´on fait en ville, c´est de contacter une personne par l´intermediaire d´un site web communautaire, qui permet de rencontrer et de loger chez des gens aux quatre coins du monde. On etait rentre en contact avant d´arriver a La Paz, malheureusement elle accueillait deja quelqu´un. On a quand meme envie de la rencontrer, pour voir La Paz sous un autre jour. On lui telephone et on convient d´un rendez vous a 22h, juste apres son travail. Heureusement pour Anne Laure, qui a fait les demarches, elle parle parfaitement bien le francais. On la retrouve comme prevu, c´est une jeune fille dynamique du nom de Marianna. Elle vient de passer 8 mois en France, a Paris pour ses etudes (elle a quand meme suivi un module de l´ENA si j´ai bien compris). Avant elle etait a Madrid, elle connait bien l´Europe. Elle est tres interressante, et on passe une excellente soiree dans un endroit a la mode a la decoration metallique genre locomotive. Elle travaille demain samedi, il est deja tard lorsqu´on la quitte, mais elle veut nous emmener en boite bolivienne demain. Le quartier ou nous etions, s´appelle Miraflores, c´est plus le quartier des affaires et de la classe aisee. On y trouve les supers hotels, les buildings, et les fast foods qui sont les restos chics et chers. Malheureusement, le lendemain je suis malade (bonne fievre qui me cloue au lit apres la seance photo a El Alto). On ne revoit donc pas Marianna, qui a un empechement aussi de son cote, c´est dommage.

Pour les gens que ca peut interresser, le site communautaire est www.hospitalityclub.org. On peut s´y inscrire pour rencontrer des gens du monde entier, accueillir des gens chez soi et aller chez les autres, mais il n´y a aucune obligation, ce ne sont pas des echanges. Cela permet de faire des rencontres avant tout et c´est un bon moyen pour connaitre des gens sur place qui vous donnent des bons plans et vous guident. Ca permet aussi de pouvoir loger pour pas cher, ce qui est non negligeable dans les endroits reputes hors de prix (Londres, Paris, ...). Dans ce cas, bien penser que ce ne sont pas des hotels, et que les contraintes sont bien differentes. Si vous voulez en savoir plus, tout est explique dans toutes les langues sur le site. C´etait la premiere fois qu´on essayait, on va retenter l´experience.

Par Al&Steph - Publié dans : Bolivie
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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /Oct /2006 20:13

Date : 26/09 au 30/09

On s´installe dans un hotel du vieux centre, juste a cote de la place Murillo ou se trouve tout le gouvernement. Le quartier est plutot sympa avec des monuments  imposants, on se sentirait petit car les rues sont etroites. Le pire c´est que tout est  en pente, et on est repasse a plus de 3000m, du coup on a vite, voire tres vite le souffle court. On passe notre temps a se balader, les rues grouillent de monde, c´est tres vivant. Il y a un marche extra, ou on mange bien pour pas cher et surtout on y trouve tous les jus de fruit que l´on souhaite pour quasi rien.

On visite quatre petits musees plus ou moins interessants qui se trouvent dans une superbe rue coloniale aux maisons colorees. On y trouve en particulier le musee du littoral consacre a la perte de l´acces a la mer par la Bolivie. Ils l´ont perdu suite a une guerre contre le chili, qui les a ecrases ainsi que leur allie le Perou. Le chili etait soutenu par les anglais et americains qui ont fomente l´attaque. Le but etait d´annexer la region de l´Atacama riche en minerai. Il y a toujours de la rancoeur aujourd´hui. Dans le meme registre, ils se sont fait prendre aussi une bonne partie de leur territoire par le Paraguay, qui avait les memes amis que le Chili, tout ca pour une sombre histoire de gisements petroliers, inexistants je crois. Dans un second musee, on entre dans une salle de coffre fort, comme dans les films de hold-up. A l´interieur y est exposee la plus grande collection d´objets en or de l´epoque pre-colombienne. Tout le reste a ete pris par les espagnols, et fondu en lingots, ou vole par la suite.

Dans cette meme rue, il y a aussi le musee des instruments de musique. On est decu car il s´agit plus d´un inventaire qu´autre chose. Il y a beaucoup d´instruments en vitrine, mais on n´ apprend rien. C´est le probleme avec ces musees dits nationaux, ils manquent d´explications et de fil conducteur.

En revanche, on est alle aussi au musee de la coca, assez interressant, meme s´ils font surtout l´apalogie de leur chere feuille. Il est vrai qu´a cause d´elle, le pays est victime du harcelement des americains. Et comme ils le font remarquer, c´est tellement plus simple de s´attaquer aux petits paysans boliviens qu´aux banques qui blanchissent l´argent et aux compagnies qui fournissent les produits chimiques  necessaires a la fabrication de la cocaine. On y apprend que la cocaine est le meilleur anesthesiant au monde, utilise par les medecins du monde entier au debut du siecle, puis remplacee par des produits de synthese moins puissant. Les incas utilisaient l´effet anesthesiant des feuilles pour pratiquer des trapanations, alors qu´en Europe on donnait des coups de massue. Deux boissons ont ete concoctees a partir de la coca, d´abord le vin Mariani par un francais, puis son evolution non alcoolisee, le coca-cola. Au debut ce dernier contenait de la cocaine, retiree suite a la mise en illegalite totale de celle-ci. Enfin dans un texte toujours d´actualite dans la convention internationale, la coca serait la cause du retard de developpement de l´Amerique du sud, car sa consommation rendrait les hommes inaptes au travail ... Au temps des espagnols, on leur filait que ca a bouffer pour qu´ils bossent 48h d´affilees aux fonds des mines !!!

Deuxieme musee qui vaut vraiment la peine est le musee ethnographique finance par une banque d´etat et totalement gratuit. D´apres nous le plus complet et interressant. On y trouve plusieurs sections tres detaillees : textile, ceramique et meme numismatie. Les collections presentees sont tres belles, on y retrouve ce qu´on a vu de mieux ailleurs.

Notre serie visite se complete avec la visite du site archeologique de la civilisation Tiwanaku. C´est l´empire le plus important d´Amerique du Sud. Ils sont anterieurs aux incas et ont dure beaucoup plus longtemps. Aujourd´hui, personne ne sait ce qui s´est passe pour que leur civilisation disparaisse. Elle etait tres evoluee au niveau culture, agriculture et astronomie. Ce site majeur se situe a 70kms de La Paz, on s´y rend en minibus. Pendant le trajet on peut profiter du superbe paysage de la cordillere avec tous ses pics blancs, magnifique. La-bas, on tombe sur le cul en voyant le prix d´entree, quatre fois plus cher que ce qui est mentionne dans le guide. On n´a pas prevu assez sur nous, on ne peut pas rentrer. C´est de l´abus, on est vraiment degoute, le prix etranger est huit fois superieur a celui des boliviens. Il represente deux jours de salaire d´un mineur. C´est comme si en France, on mettait l´entree du Mont St Michel a 120 Euros, pour les autres seulement. On essaie de savoir si on peut payer moins et ne voir qu´une partie, mais ce n´est bien sur pas possible. Il ne nous reste plus qu´a rentrer. Je suis bien content de boycotter ce genre de pratique, il est vrai bien malgre moi. Si les touristes arretaient d´y aller, ils seraient bien obliges de redescendre un peu sur terre. Mais ce n´est pas demain la veille. Malgre notre frustation, on va voir le monolithe qu´ils ont importes du site devant le stade olympique de La Paz. Celui-ci est meme place dans une reconstitution d´un temple. Puis on va visiter le musee Tiwanaku, qui comme son nom l´indique, est dedie a la fameuse civilisation. La non plus il n´y a pas vraiment de fil conducteur, c´est plus un entrepos de tout et n´importe quoi ayant rapport. On peut y voir des photos du site et de la celebre porte du soleil avec ses sculptures anthropomorphes si particulieres. Ca ne remplace pas la vraie visite, mais ca donne un apercu.

Par Al&Steph - Publié dans : Bolivie
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 06:38

Date : 25/09

On quitte l´hotel de bonne heure, meme si l´eau est retablie. Le temps est le meme qu´hier, toute la vallee est couverte d´une epaisse brume blanche. Il fait frisquet et humide. On se rend directement aux agences de bus. Il y en a plein, mais ils sont deja plein jusqu´a cet apres-midi. On est un peu surpris, et en pleurnichant un petit peu, on obtient un depart en toute fin de matinee. Plus que 3 bonnes grosses heures a tuer. Heureusement, il y a des bancs dans cette petite ville. On est stupefait de voir des femmes andines noires ! Habillees tout pareil avec le chapeau et tout, jusqu´a la coiffure mais avec des cheveux crepus, enorme !

C´est enfin l´heure de prendre la route de la mort, on est place tout a l´avant juste a cote du chauffeur. On est dans un minibus, beaucoup plus pratique et moins dangereux pour cet itineraire. Apres la descente sur Yolosa, la route de la mort proprement dite commence. Dans notre sens, c´est une montee d´une soixantaine de kms jusqu´au col de la Cumbre (plus de 4000m). Au debut, pas de soucis, on peut deja voir le precipice de la fenetre, impressionant certes, mais evitable. Puis on se retrouve plonge dans le brouillard, la pluie s´en mele, la piste n´est que boue surlaquelle on glisse. On ne voit pas a 5m. On commence a croiser de plus en plus de gros camions et des bus. C´est chaud, car le chemin est a peine assez large pour laisser passer un vehicule, les bords ont l´air vraiement friables ! Ce ne sont que coups de klaxon, freinages et manoeuvres perilleuses. Et toujours ce precipice si proche, tout blanc qui veut vous happer. On voit tout a coup une carcasse de camion remontee du ravin, ca refroidit. Une multitude de croix jonchent la route, indiquant dans cette brume les endroits ou des vies se sont finies en quittant le chemin. On se croirait dans un film frisson avec ces croix un peu vaporeuses ressortant dans cette brume blanche. Les conditions sont de pire en pire, on n´en mene pas large, meme si on est plutot en securite avec un chauffeur qui a l´air de connaitre son affaire, et il semble sobre ! Cette route est surnommee ainsi en raison de son taux d´accidents mortels. Mais ceux-ci seraient en grande partie dus a l´etat des chauffeurs, surtout leur etat d´ebriete. Donc avant de monter, s´assurer que le chauffeur ne sente pas l´alcool a 15km et qu´il arrive a garder les yeux ouverts. Cette route, on peut la descendre aussi en VTT (s´assurer de l´etat du velo), mais nous est dans le mauvais sens.  Lorsque je vois le temps, je ne regrette pas de ne pas le faire. On a croise plusieurs groupes, tous crottes, et apparemment fatigues. Un jour comme aujourd´hui, c´est plus galere et dangereux qu´amusant. Ceci dit, les camions des agences sont derriere ou pas tres loin au cas ou, c´est rassurant.

Une fois le col passe, tout va mieux, on recupere une super route asphaltee et large. Finis brouillard et pluie. On decouvre alors les pics enneiges a l´allure dechainee de la cordillere en approchant de la capitale. On entre enfin dans une ville de briques rouges ocres avec des carres noirs posee sur tous les flancs de la vallee. Ce n´est pas moche, pas tres esthetique non plus, mais ca a son charme car c´est dans les memes tons que la roche.

Par Al&Steph - Publié dans : Bolivie
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