Date : 15/11 au 17/11
On part avec Gilbert en taxi jusqu'a la marina ou sont amarres de superbes voiliers. On decouvre alors sa minuscule barque. Trois autres touristes embarquent avec nous, on est a l'etroit. Pas pour longtemps, car il les depose la ou on a essaye d'avoir un bateau la veille. Puis on recupere sa femme Ana qui faisait des courses au marche. Ce coup ci c'est parti direction Playa Blanca. Le ciel est bien gris par la. La pluie commence a tomber, le vent a se lever et les vagues a secouer. On fait des bonds sur notre petit banc qui nous explose le derriere... Un gros orage eclate, on se fait rincer, on a froid et les gouttes nous flagellent violemment le visage avec la vitesse. Gilbert nous met alors a l'abri d'une mangrove pleine de detritus. La mer est trop mauvaise, il prefere attendre 5 min que cela se tasse. On attend bien plus et pas vraiment d'ameliorations. On repart apres avoir vu que d'autres embarcations plus grosses se lancaient dans les flots. On arrive alors en pleine mer avec des vagues trop grosses pour notre frele barquette.
On a de plus en plus mal aux fesses. Je serre les dents a chaque decolage. Au bout d'une heure de ce supplice inquietant, on arrive enfin a la plage qui n'a rien d'idyllique sous ce deluge. Ana nous offre un cafe pour nous rechauffer. On attend sous un abri a hamacs que notre chambre se libere. Il pleut sans discontinuite toute la journee et une bonne partie de la nuit aussi. Ca me donne un peu le cafard, on a froid. On va discuter un peu avec les autres personnes presentes. On se couche de bonne heure, rien d'autre n'etant envisageable. Je pense surtout au concert de Shakira ou je pourrais etre.
Mais le lendemain tout change. A notre reveil il ne pleut plus, c'est toujours couvert. Puis le soleil perce petit a petit pour se montrer tout entier dans l'apres midi. Il est vrai que la mer est belle ici, l'eau est transparente et il y a des coraux. La plage est tres longue et de sable blanc. Tout le long il y a des petits baraquements, mais finalement tres peu d'endroit ou sejourner et se restaurer. Celui de Gilbert est de loin le mieux. Le pauvre en a perdu une partie, car l'etat colombien s'est mis en tete que le terrain lui appartient et veut raser ce qui s'y trouve pour construire des complexes hoteliers. Les veritables proporietaires ont pu stopper la procedure, mais il y a eu une parcelle de detruite et une autre mise sous scelle. Actuellement tout se joue au tribunal.
On profite a fond de l'endroit, du soleil et de la mer. On est triste de devoir repartir le lendemain deja. Aujourd'hui un autre francais, Michel, nous a rejoint.
On passe une excellente soiree internationale tous ensembles avec notamment Nathan, un israelien adorable qui parle francais, car il a une grand-mere sur Lyon. On ne prend pas le premier bateau pour rentrer, loin de la, on veut rester le plus longtemps possible. Le temps est magnifique aujourd'hui et la mer... oh la mer... une vrai flaque d'huile toute limpide. On se croirait au paradis assis dans l'eau a siroter nos bieres.
Il y a un peu d'animation dans le bas de la plage, car il va y avoir le tournage d'une superproduction hollywoodienne, d'apres Gilbert. Ce serait tire d'un livre de l'ecrivain national Garcia Marquez. Il y a toute une barge remplie d'elements de decor, chargee de caleches, et des chevaux sur la plage... Le titre serait : "l'amour au temps du cholera". On ne voit pas un acteur. Ils sont peut etre sur le beau voilier a 2 mats ancre un peu plus loin. L'heure fatidique du depart arrive, on s'est battu pour baisser le prix du bateau. Le reve s'acheve lorsque le pilote met en route ses enormes moteurs qui nous font litteralement survoler la mer. On est vite rendu a Cartagena !

Le jeudi les festivites commencent dans la rue. Il y a un defile le long des murailles. Costumes et danses sont au rendez-vous. Il y a aussi les candidates pour Miss Colombie qui passent sur des chars. Les gens sont dechaines. Rhum et biere coulent a foison. Le gens se battent avec des petits sacs d'eau fraiche que les vendeurs ambulants s'empressent de refourguer. Mais ce n'est pas tout, le pire ce sont les teintures. Les gens se mettent de la poudre dans les mains, generalement du bleu. Puis ils ajoutent un peu d'eau et viennent vous barbouiller, voir labourer le visage. Pendant plus de 3h, on a eu le droit a toutes les couleurs. Ca allait du noir, qui est en fait de la graisse, au blanc qui est de la maizena. C' est tout a fait bonne ambiance. Apres la parade, les gens se dispersent. Des personnes rencontres sur le chemin nous proposent de venir continuer la fete chez eux dans un quartier excentre.
On decline pour cette fois. On rentre a l'hotel un peu emeches. On veut manger un morceau avant de ressortir faire la fete dans le centre. Malheureusement contrairement a nos attentes, il n'y a rien. On fait le tour des boites jusqu'a tard dans la nuit, mais cela manque cruellement d'ambiance. On se dit que ce n'est que le premier jour, ca doit durer jusqu'a dimanche ou lundi. Le plus gros est attendu pour samedi. Un deuxieme defile y est programme.
En outre on contacte une personne d'hospitality pour qu'il nous fasse decouvrir un peu mieux la ville. On doit le retrouver chez lui. Il y a du monde de partout dans sa maison. On reconnait les thermos des petits vendeurs de cafe poses par terre dans un coin de la piece. Au moins on n'est pas tombe sur une famille aisee. Herman se presente alors a nous accompagne de sa copine Julia. Elle est blonde et allemande. Ils sont adorables tous les deux. On leur propose de se joindre a nous pour l'apero prolonge quotidien. Ensuite on sort tous ensemble, mais pas mieux, la grosse fiesta esperee n'est pas au rendez-vous.
On tente notre chance chaque soir. Des fois il ne reste plus qu'Iljitsj et moi a sillonner les rues. Mais definitivement la fete populaire est morte. On a la chance de tomber sur une partie privee, a laquelle on se fait inviter, apres avoir eu l'audace de demander au gardien si on pouvait monter. Celui-ci nous a bien sur refouler, mais une demoiselle nous guettait du toit... Il s'agit d'un anniversaire commun de 2 ou 3 filles de la haute. C' est particulier, mais on est content d'y etre. Apparemment ils seraient tous accros a la cocaine, ils en auraient tous, c' est tellement commun pour eux. On rentre tard le matin tous les 4, Karima, Iljitsj et nous 2, bien imbibes.
Herman nous emmene aussi dans la fete du quartier. C' est totalement different, c'est vraiment populaire, on adore. La il y a de l'ambiance. C'est toujours bagarre d'eau et plus si affinite. Les couples dansent chaudement sur la salsa. Des imbeciles lancent des petards dans la foule. Et tout le monde ingurgite a tour de role goulees de biere et de rhum. Soiree memorable passee avec Herman et ses amis. Des notre arrivee sur un mouvement de foule du aux jets d'eau glacee, on s'est fait faire les poches en meme temps. Et ce n'etait pas du tout discret, car on a bien senti les mains. On s'est alors regarde avec l'air surpris et un peu amuse. Le hic, c'est qu'il y avait un suedois fraichement debarque qui se promene avec son portefeuille avec tout dedans. Il a eu de la chance, il ne s'est fait prendre que de l'argent et il a recupere tout le reste. Il y en a vraiment... j'te jure... Du coup Herman s'est senti coupable, gene toute la soiree, malgre qu'on lui dise qu'il n'y etait pour rien.
Le grand samedi arrive, on est plus que pret a faire la fete. Ca fait deja quelques jours maintenant que l'on s'entraine. On remet nos sales fringues en prevision de la folie du defile. On rencontre des gens peinturlures de noir qui nous menacent de nous salir contre une petite piece. Pour certains tout est bon pour se faire de la tune ! Cela ne nous amuse guere, ce n' est pas l'esprit fete que l'on prefere. On passe toujours sans leur preter attention, ils sont un peu decus, mais ne nous font rien.
Aujourd'hui la municipalite a ouvert les acces payants a tout le monde, parce qu'apparement jeudi ils se sont retrouves avec des portions de route vides. Eh oui, ils ont transforme cette fete populaire en une fete commerciale. Il faut payer pour tout, si bien que les gens preferent rester a la maison a festoyer dans leur quartier avec les voisins. Du coup en ce samedi le vieux centre est mort, le long de la parade il n'y a qu'une fine rangee de personnes. Aucune ambiance, rien. C'etait bien mieux jeudi. On ne comprend pas, c' est decevant. Tout le monde nous parlait de grosses festivites et apparemment si on veut s'amuser, il faut payer pour entrer dans des fetes privees. Trop nul !!!
Le dimanche soir, on a le droit a une nouvelle parade, mais cette fois-ci dans le quartier de l'hotel. Il y a plus d'ambiance que pour celle de la veille. On tente encore pendant 2 jours de trouver la soiree parfaite, mais elle n'existe pas. Deja beaucoup de gens ont quitte l'hotel. Le reste se prepare pour le concert de Shakira, dans sa ville natale. Nous on se concentre sur quelques jours de repos a la plus belle plage de Colombie : Playa Blanca. Notre premiere tentative pour nous y rendre est un veritable fiasco. On nous a fait tourner en bourrique. Heureusement a notre hotel est descendu le proprietaire francais d'un campement de la fameuse plage. Il nous emmene demain avec son bateau.
Cette semaine c´est la fete a Cartagena pour l´independance de la ville. C´est un bon moment pour la visiter d´apres nous. Dans le bus qui nous y emmene, on rencontre Natacha, une belge et son copain argentin Nacio qui voyagent dans toute l´Amerique Latine en vendant leur artisanat, c´est a dire essentiellement bracelets et colliers. Bien qu´on ait choisi un bus direct, on doit en changer en plein milieu de la route. Malgre les frontieres, il y a des choses qui ne changent pas. On descend dans un petit hotel ou il y a plein de gens, ca a l´air sympa. Puis on part a la decouverte de la ville, le vieux centre historique entoure de ses murailles en pierres de corail.
Le vieux centre est superbe. Pour nous Cartagena rentre dans notre top 3 des plus belles villes qu´on ait vues avec Cuzco et Luang Prabang. C´est un ensemble de splendides maisons et edifices coloniaux de toutes les couleurs avec des balcons en bois. Il y a de la vegetation tropicale de partout. C´est un veritable musee et surtout un regal pour les yeux. Il y fait bon s´y promener en amoureux. Sur les murailles on est raffraichi par la brise marine.
Les rues ne manquent tout de meme pas de charme et c´est anime tout le temps. Il y a toujours du monde dans tous les sens et de la musique. Dans notre hotel le soir tout le monde se reunit pour boire et les discussions prennent du volume et ce jusqu´a tard, ce n´est pas l´ideal pour dormir, car on ne fait pas partie de la troupe qui se connait deja. Le lendemain on rencontre Karima une bourguignonne expatriee a Londres depuis quelques annees. En ce moment elle est en Amerique du Sud pour apprendre l´espagnol, pour cela elle vit a Buenos Aires, mais la elle voyage un peu. Elle nous presentre Iljitsj, un hollandais fraichement arrive a Cartagena pour y apprendre l´espagnol aussi. Il compte passer un maximum de temps en Colombie. Il vient de terminer ses etudes et compte voyager pendant 1 ou 2 ans, suivant ses moyens. Il a deja bien bourlingue, il nous raconte qu´il a fait Le Caire- Amsterdam en stop en 2 mois. Ca ne lui a coute que 300 euros. On va tous les 4 a la plage de Bocagrande profiter du soleil. Et le soir, on participe a l´apero, on pratique plus l´anglais que l´espagnol.